Avent

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« Dans les Avents », comme l'on dit
Chez mes pays qui sont rustiques
Et qui patoisent un petit
Entre autres usages antiques,

« Dans les Avents les côs chantont »,
Toute la nuit, grâce à la lune
« Clartive » alors, et dont le front
S'argente et cuivre dès la brune

Jusqu'à l'aube en peu d'ombre, et ces
Chante-clair, clair comme un beau rêve,
Proclament jusques à l'excès
Le soleil... qui plus tard se lève,

Trop tard pour ceux qui sont reclus
Au poulailler, — tout comme une âme
Ne tendant que vers les élus,
Dans le péché, prison infâme, —

Et comme une âme les bons coqs,
Vigilants, tels au temps de Pierre,
Souffrent, mais, en dépit des chocs
D'ombre, chantent, et l'âme espère.

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Par Paul Verlaine

Paul Verlaine est un écrivain et poète français du XIXᵉ siècle, né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896. Il s’essaie à la poésie et publie son premier recueil, Poèmes saturniens en 1866, à 22 ans.

Où donc est la clarté ? Cieux, où donc est la flamme ?

Soir religieux (II)