Si la foi plus certaine en une âme non feinte

Si la foi plus certaine en une âme non feinte,
Un honnête désir, un doux languissement,
Une erreur variable et sentir vivement,
Avec peur d’en guérir, une profonde atteinte ;

Si voir une pensée au front toute dépeinte,
Une voix empêchée, un morne étonnement,
De honte ou de frayeur naissant soudainement,
Une pâle couleur de lis et d’amour teinte :

Bref, si se mépriser pour une autre adorer,
Si verser mille pleurs, si toujours soupirer,
Faisant de sa douleur nourriture et breuvage,

Si de loin se voir flamme, et de près tout transi,
Sont cause que je meurs par défaut de merci,
L’offense en est sur vous, et sur moi le dommage.

Les amours de Diane

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