Dernières histoires

  • Un mot sur dorat

    Aimer Dorât, quelle folie! Qu’a-t-il fait pour être illustré ? De petits vers sans énergie, Des romans sans philosophie, Plus d’un drame décoloré. Mainte insipide fantaisie Au ton pédant, maniéré ; Bagatelles, c’est démontré. Qu’il est urgent que l’on oublie Chez le Français régénéré. » C’en est fait : telle est […]

  • La Maîtresse rousse

    Je pris pour maître, un jour, une rude maîtresse, Plus fauve qu’un jaguar, plus rousse qu’un lion ! Je l’aimais ardemment, âprement, sans tendresse, Avec possession plus qu’adoration ! C’était ma rage, à moi ! la dernière folie Qui saisit, ? quand, touché par l’âge et le malheur, On sent au […]

  • Rencontres

    À Jacques Baron Passez votre chemin ! Le soir lève son bâton blanc devant les piétons. Cornes des bœufs les soirs d’abondance vous semez l’épouvante sur le boulevard Passez votre chemin ! c’est la volute lumineuse et contournée de l’heure Lutte pour la mort. L’arbitre compte jusqu’à 70. Le mathématicien se […]

  • Une vieille lune

    Moi. Chère infidèle ! eh bien, qu’êtes-vous devenue ? Depuis quinze grands jours vous n’êtes pas venue ! Chaque nuit, à l’abri du rideau de satin, Ma bougie en pleurant brûle jusqu’au matin ; Je m’endors sans tenir votre main adorée, Et lorsque vient l’Aurore en voiture dorée, Je cherche vainement […]

  • Ceux qui meurent et Ceux qui combattent – III. Les deux Frères

    Patientez encor pour une autre folie. Les temps sont si mauvais, que pour son pauvre amant La Muse n’a gardé que sa mélancolie. Donc naguères vivaient, sous l’azur d’Italie, Deux frères de Toscane au langage charmant, Qui n’avaient qu’eux au monde et s’aimaient saintement. Deux lutteurs aguerris, formidables athlètes Jetés dans […]

  • 05 – Le méchant toujours tremble, il est tout en alarme… [XLI à L]

    XLI. Le méchant toujours tremble, il est tout en alarme L’œil d’un homme de bien le tient comme abattu ; De Rome tout le monde a redouté les armes Rome d’un seul Caton redoute la vertu. XLII. Le vice aveugle l’âme et son jugement brouille, Confond le bien au mal, tient […]

  • Un amour de jupe

    À la comtesse de P… Seulement !… Si mon cœur faisait ses mémoires Je crois que j’y mettrais ceci : « Elle avait des dentelles noires « Avec un jupon cramoisi. » C’était ravissant ! — Les donzelles De ce soir et de ce salon, Se pâmaient devant ces dentelles… Mais, […]

  • Venise

    Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l’eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l’horizon serein, Son pied d’airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l’eau […]

  • BofBof

    Le temps des cerises

    Quand nous en serons au temps des cerises, Et gai rossignol et merle moqueur Seront tous en fête. Les belles auront la folie en tête Et les amoureux du soleil au coeur. Quand nous en serons au temps des cerises, Sifflera bien mieux le merle moqueur. Mais il est bien court, […]

  • Résignation

    Tout enfant, j’allais rêvant Ko-Hinnor, Somptuosité persane et papale Héliogabale et Sardanapale ! Mon désir créait sous des toits en or, Parmi les parfums, au son des musiques, Des harems sans fin, paradis physiques ! Aujourd’hui, plus calme et non moins ardent, Mais sachant la vie et qu’il faut qu’on plie, […]

  • La nuit d’octobre

    Le poète Le mal dont j’ai souffert s’est enfui comme un rêve. Je n’en puis comparer le lointain souvenir Qu’à ces brouillards légers que l’aurore soulève, Et qu’avec la rosée on voit s’évanouir. La muse Qu’aviez-vous donc, ô mon poète ! Et quelle est la peine secrète Qui de moi vous […]

  • Une statue (3)

    Prenant pour guide clair l’astre qu’était son âme, A travers des pays d’ouragans et de flammes, Il s’en était allé si loin vers l’inconnu Que son siècle vieux et chenu, Toussant la peur, au vent trop fort de sa pensée, L’avait férocement enseveli sous la risée. Il en était ainsi, depuis […]