Dernières histoires

  • Une chanson désespérée

    Ton souvenir surgit de la nuit où je suis. La rivière à la mer noue sa plainte obstinée. Abandonné comme les quais dans le matin. C’est l’heure de partir, ô toi l’abandonné! Des corolles tombant, pluie froide sur mon coeur. Ô sentine de décombres, grotte féroce au naufragé! En toi se […]

  • Songe d’hiver

    A sad tale’s best for winter ; I have one of spirits and goblins. Shakspere, Winter’s tale. Act.II, scène I. I Dans nos longs soirs d’hiver, où, chez le bon Armand, Dans notre farniente adorable et charmant On oubliait le monde aride, Vous demandiez pourquoi sur mon front fatigué, Au milieu […]

  • 09 – Ivre de longs baisers, ivre des térébinthes…

    Ivre de longs baisers, ivre des térébinthes, je dirige, estival, le voilier des roses, me penchant vers la mort de ce jour si ténu, cimenté dans la frénésie ferme de la mer. Blafard et amarré à mon eau dévorante croisant dans l’aigre odeur du climat découvert, encore revêtu de gris, de […]

  • La Maîtresse rousse

    Je pris pour maître, un jour, une rude maîtresse, Plus fauve qu’un jaguar, plus rousse qu’un lion ! Je l’aimais ardemment, âprement, sans tendresse, Avec possession plus qu’adoration ! C’était ma rage, à moi ! la dernière folie Qui saisit, ? quand, touché par l’âge et le malheur, On sent au […]

  • La coupe du roi de Thulé

    Au vieux roi de Thulé sa maîtresse Adèle Avait fait en mourant don d’une coupe d’or, Unique souvenir qu’elle lui laissait d’elle, Cher et dernier trésor. Dans ce vase, présent d’une main adorée, Le pauvre amant dès lors but à chaque festin. La liqueur en passant par la coupe sacrée Prenait […]

  • L’abeille

    Quand l’abeille, au printemps, confiante et charmée, Sort de la ruche et prend son vol au sein des airs, Tout l’invite et lui rit sur sa route embaumée. L’églantier berce au vent ses boutons entr’ouverts ; La clochette des prés incline avec tendresse Sous le regard du jour son front pâle […]

  • À Alfred de Musset

    Un poète est parti ; sur sa tombe fermée Pas un chant, pas un mot dans cette langue aimée Dont la douceur divine ici-bas l’enivrait. Seul, un pauvre arbre triste à la pâle verdure, Le saule qu’il rêvait, au vent du soir, murmure Sur son ombre éplorée un tendre et long […]

  • Tempête et calme

    L’ombre Suit Sombre Nuit ; Une Lune Brune Luit. Tranquille L’air pur Distille L’azur ; Le sage Engage Voyage Bien sûr ! L’atmosphère De la fleur Régénère La senteur, S’incorpore, Evapore Pour l’aurore Son odeur. Parfois la brise Des verts ormeaux Passe et se brise Aux doux rameaux ; Au fond […]

  • Souvenir

    Déjà la nuit s’avance, et du sombre Orient Ses voiles par degrés dans les airs se déploient. Sommeil, doux abandon, image du néant, Des maux de l’existence heureux délassement, Tranquille oubli des soins où les hommes se noient ; Et vous, qui nous rendez à nos plaisirs passés, Touchante illusion, Déesse […]

  • A la chanson

    Ode dite par C. Coquelin dans la représentation donnée au bénéfice de Darcier Le jeudi 17 février 188l O toi, délire et fantaisie, Fille de la rime, Chanson Qui, du vin de la poésie, Es la bacchante et l’échanson! Chanson, qui sur les fronts sévères Poses en riant ton orteil, Déesse, […]

  • Sirène-Anémone

    Qui donc pourrait me voir Moi la flamme étrangère L’anémone du soir Fleurit sous mes fougères Ô fougères mes mains Hors l’armure brisée Sur le bord des chemins En ordre sont dressées Et la nuit s’exagère au brasier de la rouille Tandis que les fougères Vont aux écrins de houille L’anémone […]

  • L’Enfant

    C’était au Luxembourg, par un matin brûlant De Juillet, où le clair soleil étincelant Versait partout les feux de ses apothéoses, Jetait des taches d’or parmi les lauriers-roses Et baignant de rayons leurs coeurs incendiés, Embrasait, furieux, les fleurs des grenadiers. De beaux enfants jouaient, montrant leurs jambes nues, Gais, sérieux, […]