Dernières histoires

  • Songe d’hiver

    A sad tale’s best for winter ; I have one of spirits and goblins. Shakspere, Winter’s tale. Act.II, scène I. I Dans nos longs soirs d’hiver, où, chez le bon Armand, Dans notre farniente adorable et charmant On oubliait le monde aride, Vous demandiez pourquoi sur mon front fatigué, Au milieu […]

  • Retour de la guerre

    « Qu’en dis-lu, voyageur des pays et des gares ? » Paul Verlaine. I Toi qui rêvais d’accorder dans ta voix L’allégresse d’aimer Et ce sanglot voilé, toujours fidèle, Appel de l’infini dans l’ombre de la joie, Ce beau sanglot du coeur avide et débordé Devant notre impuissance, hélas, à tout étreindre. Toi […]

  • Le portrait

    Mère, je sais très mal comme l’on cherche les morts, Je m’égare dans mon âme, ses visages escarpés, Les ronces et ses regards. Aide-moi à revenir De mes horizons qu’aspirent des lèvres vertigineuses, Aide-moi à être immobile, Tant de gestes nous séparent, tant de lévriers cruels! Que je penche sur la […]

  • Sagesse

    Le sage est retiré dans sa petite ville Délivré des bavards et des sots, tourbe vile, Et s’est dit, en voyant le monde: Allons-nous-en! Comme il fut jadis bon soldat, bon artisan, Et que ses actions furent une prière, Sans nulle défaillance il regarde en arrière, Et loin des appétits hagards […]

  • Pas plus que montagnes de glace

    Pas plus que montagnes de glace La haine en ces lieux où tout fond Ne saurait se faire une place. Puits d’amour le puits peu profond Où niche barbouillé de crème Le mensonge, enfant trop gâté. Troublentils le ciel de ce thé, Les laiteux nuages que j’aime ? Peu dangereux sont […]

  • La nuit d’octobre

    Le poète Le mal dont j’ai souffert s’est enfui comme un rêve. Je n’en puis comparer le lointain souvenir Qu’à ces brouillards légers que l’aurore soulève, Et qu’avec la rosée on voit s’évanouir. La muse Qu’aviez-vous donc, ô mon poète ! Et quelle est la peine secrète Qui de moi vous […]

  • Pieusement

    La nuit d’hiver élève au ciel son pur calice. Et je lève mon coeur aussi, mon coeur nocturne, Seigneur, mon cœur ! vers ton pâle infini vide, Et néanmoins je sais que tout est taciturne Et qu’il n’existe rien dont ce coeur meurt, avide ; Et je te sais mensonge et […]

  • La ressemblance

    Sur tes riches tapis, sur ton divan qui laisse Au milieu des parfums respirer la mollesse, En ce voluptueux séjour, Où loin de tous les yeux, loin des bruits de la terre, Les voiles enlacés semblent, pour un mystère, Eteindre les rayons du jour, Ne t’enorgueillis pas, courtisane rieuse, Si, pour […]

  • O, si chère de loin …

    O si chère de loin et proche et blanche, si Délicieusement toi, Mary, que je songe À quelque baume rare émané par mensonge Sur aucun bouquetier de cristal obscurci Le saistu, oui ! pour moi voici des ans, voici Toujours que ton sourire éblouissant prolonge La même rose avec son bel […]

  • À la manière de Paul Verlaine

    C’est à cause du clair de la lune Que j’assume ce masque nocturne Et de Saturne penchant son urne Et de ces lunes l’une après l’une. Des romances sans paroles ont, D’un accord discord ensemble et frais, Agacé ce coeur fadasse exprès, Ô le son, le frisson qu’elles ont ! Il […]

  • Jalousie

    I Ah ! toi, l’indifférent, tu souffres à ton tour : L’angoisse t’a mordu, les peines sont venues ; Tu trembles et tu crains en attendant le jour, Et la nuit te remplit de terreurs inconnues. J’ai vu luire en tes yeux, par un brusque retour, Des larmes, jusque-là vainement retenues […]

  • Rien appris

    J’avais dans ma jeunesse une idée de ce monde et jouais avec lui. Ma connaissance en est-elle profonde ? Trop de soleils ont lui pour que je puisse me targuer de certitudes. Je ne fais qu’un serment : ma vérité m’est suspecte et j’élude le mensonge infamant. Entre les deux, je […]