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Chanson 1

Sur cet air joyeux et rond
J’assemble et fourbis mes rimes.
Fortes et sûres elles seront

Quand j’aurai passé la lime.
Que l’Amour polisse et dore
Ce chant qu’inspire le corps
De la
Valeureuse que j’aime.

Je me sens, à parler clair.
Plus pur, meilleur quand je sers
La plus aimable des dames.

Je suis sien de pied en cap.
Bien que souffle vent du nord
L’amour qui me pleut au cœur

Me tient chaud en plein hiver.

J’entends et dis mille offices,
Cire, huile brûlent haut

Pour que
Dieu me favorise,
Mais me défendre, pourquoi ?
Quand je vois ses tresses d’or
Pour son corps si svclte et neuf
Je donnerais bien
Lucerne !

Tant la désire et la cherche
Qu’à trop l’aimer je la perds,
Si, par amour on peut perdre.
Son cœur submerge le mien
D’un flot que rien ne disperse.
La fine usurière tient
L’artisan et la boutique !

Si je ne dois revoir celle
Qui me brûle et fend le cœur.
Que m’importent les honneurs,
Le pape,
Rome, l’empire ?
Si elle n’apaise ma peine
D’un baiser avant l’an neuf,
Elle me damne cl m’assassine !

Malgré le mal que j’endure,
Quoiqu’il me tienne en désert,
J’aime et veux encore aimer.
Car d’amour je fais mes rimes,
Besogneux comme au labour.
Moins que moi (fût-ce d’un œuf)

Moncli aima dame
Audicme !

Je suis
Arnaut, vent me pousse,
Sur bœuf lent je cours lapin
Et nage à contre-courant.

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