Quant à chanter ton los par fois je m’adventure

Quant à chanter ton los par fois je m’adventure,
Sans ozer ton grand nom dans mes vers exprimer,
Sondant le moins profond de ceste large mer,
Je tremble de m’y perdre, et aux rives m’assure ;

Je crains, en loüant mal, que je te face injure.
Mais le peuple, estonné d’ouir tant t’estimer,
Ardant de te cognoistre, essaie à te nommer,
Et, cerchant ton sainct nom ainsi à l’adventure,

Esblouï, n’attaint pas à veoir chose si claire ;
Et ne te trouve point, ce grossier populaire,
Qui n’ayant qu’un moyen, ne veoit pas celuy là :

C’est que s’il peut trier, la comparaison faicte,
Des parfaictes du monde, une la plus parfaicte,
Lors, s’il a voix, qu’il crie hardiment : ‘ La voylà ! ‘

Vingt neuf sonnetz

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