Passant dernierement des Alpes au travers

Passant dernièrement des Alpes au travers
(J’entens ces Alpes haults, dont les roches cornues
Paroissent en hauteur outrepasser les nues)
Lors qu’ils estoient encor’ de neige tous couvers,

J’apperçeus deux effects estrangement divers,
Et choses que je croy jamais n’estre avenues
Ailleurs : car par le feu les neiges sont fondues,
Le chaud chasse le froit par tout cet univers.

Autre preuve j’en fis que je n’eusse peu croire,
La neige dans le feu son element contraire,
Et moy dedans le froit de la neige brusler,

Sans que la neige en fust nullement consommee :
Puis tout en un instant cette flamme allumée
M’environnoit de feu et me faisoit geler.

Les Amours

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