Pour la même inconstante

Elle aime, et n’aime plus, et puis elle aime encore,
La volage beauté que je sers constamment :
L’on voit ma fermeté ; l’on voit son changement ;
Et nous aurions besoin, elle et moi, d’ellébore.

Cent fois elle brûla du feu qui me dévore ;
Cent fois elle éteignit ce faible embrasement ;
Et semblable à l’Égypte en mon aveuglement,
C’est un caméléon que mon esprit adore.

Puissant maure des sens, écoute un malheureux ;
Amour, sois alchimiste, et serstoi de tes feux
À faire que son coeur prenne une autre nature :

Comme ce coeur constant me serait un trésor,
Je ne demande point que tu fasses de l’or,
Travaille seulement à fixer ce mercure.

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