Le Figuier de la Tour

Omettez l’algue pourpre, les belles femmes, leurs buissons bleus sur le sable.
Omettez le tonnerre des bielles quand rougit le chaton périssable.

Omettez le glaçon de vos braises, le sel roux des baisers, tous funèbres, qui recouvre, au sommet des vertèbres, la cuvette où pourrissent les fraises.

Omettez, sans retard, le mystère

plus sérieux du vent de novembre

qui rappelle, du fond de la terre,

les morts qui vous léguèrent leur membre.

Omettez même l’œuf de la mère, et le poids de la main paternelle, sur vos langues le sel éphémère du mur de la maison éternelle.

Tu n’as plus, maintenant.
Fortunée, pierre au cœur ni ton cœur dans la pierre.
Ici toute à toi seule bornée, mort le roi, morte aussi la sorcière,

tu verras te sourire la grande

roue au bout du chemin blanc de cendre.

Vous décernerez une guirlande

de lis de beurre, dur, qu’on peut prendre,

au premier, parmi vous, qui repère dans les airs sa vieille âme, démente.

et qui d’un déchirant coup de pierre, la descend, et charma la tourmente.

Voter pour ce poème!

Avatar Apprenti Poète

Par Jacques Audiberti

Jacques Audiberti est un écrivain, poète et dramaturge français, né le 25 mars 1899 à Antibes et mort le 10 juillet 1965 dans le 5ᵉ arrondissement de Paris. Il est auteur d'une œuvre théâtrale importante, mais aussi de romans, d'essais, de poèmes et de critiques cinématographiques.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

La poésie est une danse des mots. Invitez-vous sur la piste, dansez avec nous.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Dakar

Martyrs