Parnasse

Mon train filait avec cette allure qu’il prend
pour fuir, nocturne, l’heure où grouille le parent.
Il traversait une forêt. Contre les baies
elle appendait un bloc de cimes recourbées,
tapisserie obscure aux dévidoirs profonds.
Quoique ganache en cerfs, sentiers, cèpes et fonts,
moi, pourtant, je savais, à trois jours de la voie,
un arbre, que jamais pour de bon je ne voie !
Il porte, sur son tronc funèbre, un chapelet
de masques ciselés à coups de pistolet
par le nègre en rupture et le bûcheron ivre.
Je me rendai pour rapporter, car il faut vivre,
à Melun, qui n’est pas un lieu phénoménal.
Là, sous une muraille, au bord de tel canal,
quelque chose s’était passé, mais quoi ? La veille
plutôt que dépouiller la presse, humble merveille,
j’avais, fruit sec du rêve et du nombre, établi
combien de tomes lus peut supporter mon lit
sans crouler aux lamas qui bêlent sous son ventre.
J’arrivai dans Melun où, tout de suite, m’entre
la ronce du mystère éclos dans tous les creux.

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