Fastes de versailles 53

Le roi sommeille et se retrouve, par enchantement dans un grand cirque de la Rome antique. Des gladiateurs passent dans cet ancien temps.

LES GLADIATEUR8

Ave Cœsar ! Ceux qui vont mourir te saluent !

LE ROI Qu’auraient-ils de mieux à faire ! Des lions arrivent

LES LIONS

Salut, Cœsar !

LE ROI Salut, mes lions !

Des chrétiens arrivent à leur tour, à leur mauvais tour pour plus ample précision.

UN LION (les désignant au roi. d’une patte dédaigneuse)

Ceux qui vont mourir te saluent !

LE ROI A la bonne heure, les protestants !

UN COURTISAN

No», Sire, les chrétiens !

LE ROI

Dommage!

Enfin, la plus grande et la plus belle Histoire, à part la mienne, ne peut pas aller plus vite que le moulin et puis nous ne sommes pas ici pour discuter le droit romain.

CHŒUR DES CHRÉTIENS

Quel beau jour, quel touchant spectacle,

tressaillant d’amour et de bonheur

Jésus sort de son tabernacle

et s’avance en triomphateur…

LE ROI (mêlant magnanimement sa voix à celle du chœur)

… et s’avance en triomphateur! n j’avance au milieu du cirque où les lions, les gladiateurs, les chrétiens, tout en se tuant, se dévorant, se signant en chantant, s’effacent devant lui. Un gladiateur tend alors vers le monarque, à bout de bras, sa tête coupée.

LA TÊTE Ave Caesar ! Ceux qui sont morts ont le plaisir de te saluer encore !

Le roi, réveillé en sursaut par cette voix de stentor, volt le drque s’effacer et tes murs de sa chambre royale s’avancer autour de son lit

LE ROI (avec un enfantin chagrin)

Oh ! mes lions qui sont partis !

UN COURTISAN

Peut-être. Sire, mais les protestants sont toujours là !

Quelques Instants plus tard, après la garde-robe ostentatoire, le roi tout en procédant à sa toilette écoute distraitement un petit ballet de LuUL

Petit ballet de la lamine où des paysans Insouciants, virevoltant, mangent en souriant les racines du théâtre de verdure où l’on a plante le décor.

LE ROI

Léger, aérien, ravissant mais je préfère mes lions, en vérité ! (Et de plus en plus magnanime.) Eh bien, puisque Nous n’avons pas de lions sous la main. Nous décidons de donner nos protestants aux dragons !

Le rideau tombe sur les Cévennes et la musique de la garde républicaine Joue « Salut, salut à vous, braves soldats du xvrr” siècle ».

Quelques minutes d’entracte avant de céder la place a un merveilleux feu d’artifice, lincendle du Palatinat

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Jacques Prévert Apprenti Poète

Par Jacques Prévert

Jacques Prévert, né le 4 février 1900 à Neuilly-sur-Seine et mort le 11 avril 1977 à Omonville-la-Petite, est un poète français. Auteur de recueils de poèmes, parmi lesquels Paroles, il devint un poète populaire grâce à son langage familier et à ses jeux sur les mots.

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Assis au bord des eaux d’une claire fontaine

Ô somme doux, somme ami de nature