Printemps

Des nuages s’étirent, s’étirent irréels,

Entre les branches noires enlacés.

Tout l’hiver devant ma fenêtre, qui s’en va

Et la danse de lumière sur les crêtes lointaines.
Cet oiseau jamais aperçu !

Et le printemps et mon amour.

Mes yeux qui s’éclairent, mes lèvres qui éclosent,

Mon corps …
Il fait très doux et très clair.

Le monde est calme autour, en tendresse.

Oh ! un moment, rien qu’un moment de calme pour

toute souffrance.

Car Dossie pleure les cris matinaux de ses enfants.
Du monde je ne vois qu’un rectangle bleu

Strié de noir luisant.

Les branches tendent leurs bourgeons au soleil,

Lèvres ouvertes, lèvres offertes.
Je n’entends que le chant de l’ami inconnu,

Le pas monotone d’un pion

Et mon amour qui pousse dans le silence

Du printemps.

Voter pour ce poème!

Léopold Sédar Senghor Apprenti Poète

Par Léopold Sédar Senghor

Léopold Sédar Senghor, né le 9 octobre 1906 à Joal, au Sénégal et mort le 20 décembre 2001 à Verson, en France, est un poète, écrivain, homme d'État français, puis sénégalais et premier président de la République du Sénégal et il fut aussi le premier Africain à siéger à l'Académie française.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Laissez la muse vous guider, comme elle l'a fait pour Lamartine. Commentez et émerveillez-nous.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Le cri du coeur

Nuit d’été