Étape

Le cavalier mourant levait pourtant sa tête
Les étoiles le fusillaient

La haie du rêve noir est encore trop épaisse

Nous ne sortirons pas du sort des prisonniers

Mais on peut voir déjà ce qui se passe

Dans les maisons ou sur les toits

Et l’immense bloc où s’entassent
Même les hommes qui sont là

Les animaux suivent en tas
La route aux vagues de poussière

Le fleuve où les reflets se noient
Et les souvenirs qui se meuvent

Dans l’univers refait qui tourne devant toi
Dans une minute rapide

L’arbre d’en face s’est brisé

Le talus grimpe sur la rive
Tout le monde s’est incliné

Il faut aller plus lentement
A cause des plans qui se croisent

A cause des enterrements

Et des réveils qui nous déçoivent

Sous les larmes du firmament

Pierre Reverdy

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