À ma nièce Victoire

Douce Victoire, aimable enfant,
Dont l’air heureux, l’âge innocent,
La joie et l’abandon, la naïve tendresse,
Et la candeur et la finesse,
Semblent rendre à mes yeux, à mon âme, à mes pleurs,
L’objet de mes longues douleurs ;
Je t’ai donné mon nom. Ah ! Ne va pas prétendre
A ce talent trop dangereux
Qui laisse malgré nous deviner un cœur tendre.
Cachons-en, s’il se peut, le bonheur douloureux ;
Mais sur tes traits charmants, dans tes pleurs, dans tes jeux,
Déjà je vois du tien l’attrait irrésistible :
Hélas ! Il sera trop sensible.
Ne le flétris jamais. A ce don précieux
Quoiqu’il s’attache de souffrance,
Lui seul est le bonheur, lui seul est l’existence ;
Ô ma Victoire ! Il vient des cieux :
Jusqu’aux cieux portons-en notre reconnaissance.
Que pour l’Etre éternel, dont la toute-puissance
Nous a fait ce présent en nous donnant le jour,
Notre dernier soupir soit un soupir d’amour.

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