La dernière page

Toute page à présent est la dernière.

A mon poème il manquera

l’abeille, l’herbe et le ruisseau.

Et mon roman ne saura retenir

ni les clowns un peu fous

ni les grands personnages.

Les mots, au lieu de donner forme

à la douleur ou à la joie,

ne seront qu’une pauvre matière,

sable ou bitume,

qu’une main lasse viendra effacer.

Les minéraux travailleront

à me rendre anonyme,

je crois pour mon bonheur.

Mais par mégarde une virgule

se changera en arbre :

chêne ou forêt de baobabs.

Toute page à présent est la première.

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