Le matin

Dans le matin qui naît les feux mourants s’éteignent :
Le jour incertain flotte et tremble dans la nuit.
On ne voit presque plus les étoiles. L’air luit,
Et les rayons de l’astre inaperçu l’imprègnent.

Deux fiers chevaux, au vent plus frais qui passe, baignent
Leurs naseaux, hennissant à l’aurore. — Sans bruit
Une esclave les panse, et l’œil dessine et suit
Ses reins sveltes, moulés aux plis qui les étreignent.

Près des tentes, berçant des rêves indolents,
Les maîtres sont couchés dans leurs grands burnous blancs :
C’est le désert muet dans sa grave harmonie.

Ô fort poète, épris de l’austère beauté,
Quel secret a servi ta pensée infinie
Pour qu’en ce cadre étroit tienne l’immensité !

Voter pour ce poème!

Albert Mérat Apprenti Poète

Par Albert Mérat

Albert Mérat, né le 23 mars 1840 à Troyes et mort le 16 janvier 1909 en son domicile dans le 14 arrondissement de Paris, est un poète français.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Laissez la muse vous guider, comme elle l'a fait pour Lamartine. Commentez et émerveillez-nous.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Frontispice

Les collines