Quand nature forma d’un art industrieus

Quand nature forma d’un art industrieus
Cette beauté divine à nulle autre seconde,
Elle prit dans des feux qui font tousjours la ronde
Par le cercle estoilé, pour en faire ses yeux.

Elle mit le croissant sur son front gracieus,
Elle emprunta les rais du grand flambeau du monde,
Afin d’en colorer sa belle tresse blonde :
Bref, elle butina tout le tresor des Cieux.

Elle prit au zéfirs leur odorante haleine,
Les perles à la mer, à la terre l’ebene,
Les roses et les lis, et la belle en orna.

Se fautil estonner si cest larronnesse
Vole ainsi tant de coeurs, et desrobe sans cesse ?
Nature de larçins toute la façonna.

Recueil : Les Amours de Rosine

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