Blessure rouverte

Ô mon cœur, es-tu donc si débile et si lâche,
Et serais-tu pareil au forçat qu’on relâche
Et qui boite toujours de son boulet traîné ?
Tais-toi, car tu sais bien qu’elle t’a condamné.
Je ne veux plus souffrir et je t’en donne l’ordre.
Si je te sens encor te gonfler et te tordre,
Je veux, dans un sanglot contenu, te broyer ;
Et l’on n’en saura rien, et, pour ne pas crier,
On me verra, pendant l’effroyable minute,
Serrer les dents ainsi qu’un soldat qu’on ampute.

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments