Ballade pour Robert d’Estouteville

Au point du jour, que l’éprevier s’ébat,
Mû de plaisir et par noble coutume,
Bruit la mauvis et de joie s’ébat,
Reçoit son pair et se joint à sa plume,
Offrir vous veuil, à ce Désir m’allume,
Ioyeusement ce qu’aux amants bon semble.
Sachez qu’Amour l’écrit en son volume,
Et c’est la fin pour quoi sommes ensemble.

Dame serez de mon coeur, sans débat,
Entièrement, jusque mort me consume,
Laurier souef qui pour mon droit combat,
Olivier franc m’ôtant toute amertume.
Raison ne veut que je désaccoutume
(Et en ce veuil avec elle m’assemble),
De vous servir, mais que m’y accoutume ;
Et c’est la fin pour quoi sommes ensemble.

Et qui plus est, quand deuil sur moi s’embat
Par Fortune qui souvent si se fume,
Votre doux oeil sa malice rabat,
Ne mais ne mains que le vent fait la fume.
Si ne perds pas la graine que je sume
En votre champ quand le fruit me ressemble.
Dieu m’ordonne que le fouïsse et fume ;
Et c’est la fin pour quoi sommes ensemble.

Princesse, oyez ce que ci vous résume :
Que le mien coeur du vôtre désassemble
Ja ne sera : tant de vous en présume ;
Et c’est la fin pour quoi sommes ensemble.

Le testament

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François Villon Apprenti Poète

Par François Villon

François de Montcorbier dit Villon, né en 1431 et mort après 1463, est un poète français de la fin du Moyen Âge. Écolier de l’Université, maître de la faculté des Arts dès 21 ans, il mène tout d'abord la vie joyeuse d’un étudiant indiscipliné du Quartier latin. À 24 ans, il tue un prêtre dans une rixe et fuit Paris.

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