Instants de Fête

Comme un enfant craintif j’erre à travers les rues.

L’ombre, ainsi qu’un automne, a flétri les visages,

Et des paupières d’or d’un azur sans nuages

Filtre le long regard des choses disparues.

 

En vain, je fuis la joie énervante qui rôde

Et propage en la nuit sa grossière hystérie.

C’est fête. La douleur des cuivres psalmodie…

Et l’Ivresse, en haillons, prophétique, clabaude.

 

Sur la place, où dormaient des silences de lune,

La crécelle d’un orgue a repris, une à une,

Les valses à la mode en robes de paillons.

 

Un clown, sur des tréteaux, parodie son martyre,

Et la foule, aux éclats de voix de l’histrion,

Acclame par instants la souffrance de rire.

La Lumière Natale

Voter pour ce poème!

Avatar Apprenti Poète

Par Léon Deubel

Léon Deubel, né le 22 mars 1879 à Belfort et mort le 12 juin 1913 à Maisons-Alfort, est un poète français.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Chaque commentaire est une étincelle dans notre feu sacré. Enflammez-nous.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

L’Est, l’Ouest, le Sud, le Nord

Deux femmes aujourd’hui me donnent espérance