Soleil d’hiver

Hélas ! hier encor sur mon front, sur ma lèvre,

Sont venus se poser la joie et le plaisir,

J’ai ri comme une folle… aujourd’hui j’ai la fièvre,

Car ma porte est fermée et j’en ai le loisir.
O pauvre humanité ! J’ai pitié de moi-même

Quand mon masque s’en va décollé par mes pleurs

Et qu’apparaît, meurtri, costumé, maigre, blême,

Mon visage, dont tous admiraient les couleurs.
— Nous sommes en janvier : le ciel, d’un azur tendre,

Réfléchit sa splendeur dans les flots clapotants ;

Le vent est si léger qu’à peine on peut l’entendre,

Le soleil est si doux qu’on dirait le printemps.
Mais, comme ces rayons à la nature morte

Se prodiguent en vain et ne fécondent rien,

Dans mon âme la peine est aussi la plus forte :

Mon rire est un mensonge, et l’amour le sait bien !
Janvier 18…

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Louisa Siefert Apprenti Poète

Par Louisa Siefert

Louisa Siefert, née à Lyon le 1er avril 1845 et morte à Pau le 21 octobre 1877, est une poétesse française.
Louisa Siefert (1845 - 1877) était une poétesse française qui a laissé une poésie empreinte de douleur mais soutenue d’un vif spiritualisme protestant. Son premier recueil de poèmes, Rayons perdus, paru en 1868, connaît un grand succès. En 1870, Rimbaud s'en procure la quatrième édition et en parle ainsi dans une lettre à Georges Izambard : « J'ai là une pièce très émue et fort belle, Marguerite […]. C'est aussi beau que les plaintes d'Antigone dans Sophocle.»

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