Naissance de la mort

Jeunes comme le ciel et l’eau et les yeux dans les yeux comme eux Toute distance leur est nulle ayant chacun l’autre pour lieu Mais pour qu’entre eux l’immensité soit en attente de l’étoile Chacun dans l’autre est le zénith où son regard s’approfondit Pour gagner par degrés de nuit ce point aveugle du visible Qui cède à peine il est touché et c’est déjà l’autre côté Où tout afflue et rompt le cœur et sans limite l’ouvre à l’Être Tel est ce spasme du passage où l’un en l’autre anéantis La mort conçue par les amants devient la source de leur vie

Qu’importe s’ils sont séparés ou si leurs souffles sont mêlés S’ils sont la rive et la rivière ou l’oued perdu loin de sa trace Ensemble ils font cet univers dont l’axe est leur commun regard Vide univers qui se suffit d’être l’intime face à face De leurs visages de très près qui jouant à ne plus se voir Sont deux gouffres deux firmaments deux vertiges sans verticale Se saturant se confondant pour ne former qu’un tourbillon Tel l’esprit barattant la mer dont il se veut le limon même Issu d’il ne sait quel tréfonds qu’il nomme l’Ame ou bien la Vie

Dès que prend chair le Verbe aimant la Mort s’impatiente en elle Tout se meut d’une seule étreinte avide de se consommer Puisque l’attente que jaillisse un astre de chaque étincelle Passe la peur qu’ont les amants d’être si vite consumés Et que le feu qui les excite à s’embrasser jusqu’à la cendre Se dévore sans cesse en eux comme un foyer d’éternités

Que l’absolu prenne à ce point l’amour qu’ils font pour analogue

La preuve en est dans l’agonie où s’éternise leur plaisir

Comme à la vue du Rien parfait flambent les mondes pour sa Gloire

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