Où vont-ils

Sonnet.

Ceux qui sont morts d’amour ne montent pas au ciel :
Ils n’auraient plus les soirs, les sentiers, les ravines,
Et ne goûteraient pas, aux demeures divines,
Un miel qui du baiser pût effacer le miel.

Ils ne descendent pas dans l’enfer éternel :
Car ils se sont brûlés aux lèvres purpurines,
Et l’ongle des démons fouille moins les poitrines
Que le doute incurable et le dédain cruel.

Où vont-ils ? Quels plaisirs, quelles douleurs suprêmes
Pour ceux-là, si les cœurs au tombeau sont les mêmes,
Passeront les douleurs et les plaisirs sentis ?

Comme ils ont eu l’enfer et le ciel dans leur vie,
L’infini qu’on redoute et celui qu’on envie,
Ils sont morts jusqu’à l’âme, ils sont anéantis.

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René-François Sully Prudhomme Apprenti Poète

Par René-François Sully Prudhomme

René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, né à Paris le 16 mars 1839 et mort à Châtenay-Malabry le 6 septembre 1907, est un poète français, premier lauréat du prix Nobel de littérature en 1901.

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Ô coeur léger, ô courage mal seur

Silence