Ô coeur léger, ô courage mal seur

Ô coeur léger, ô courage mal seur,
Penses tu plus que souffrir je te puisse ?
Ô bonté creuze, ô couverte malice,
Traitre beauté, venimeuse doulceur !

Tu estois donc tousjours seur de ta soeur ?
Et moy, trop simple, il falloit que j’en fisse
L’essay sur moy, et que tard j’entendisse
Ton parler double et tes chantz de chasseur ?

Despuis le jour que j’ay prins à t’aymer,
J’eusse vaincu les vagues de la mer :
Qu’est ce meshuy que je pourrois attendre ?

Comment de toy pourrois j’estre content ?
Qui apprendra ton coeur d’estre constant,
Puis que le mien ne le luy peut apprendre ?

Vingt neuf sonnetz

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