Rue Aubry-le-Boucher (en démolition)

Rue Aubry-le-Boucher on peut te foutre en l’air,

Bouziller tes tapins, tes tôles et tes crèches

Où se faisaient trancher des sœurs comaco blèches

Portant bavette en deuil sous des nichons riders.
On peut te maquiller de béton et de fer

On peut virer ton blaze et dégommer ta dèche

Ton casier judiciaire aura toujours en flèche

Liabeuf qui fit risette un matin à Deibler.
À Sorgue, aux Innocents, les esgourdes m’en tintent.

Son fantôme poursuit les flics. Il les esquinte.

Par vanne ils l’ont donné, sapé, guillotiné
Mais il décarre, malgré eux. Il court la belle,

Laissant en rade indics, roussins et hirondelles,

Que de sa lame Aubry tatoue au raisiné.

Voter pour ce poème!

Robert Desnos Apprenti Poète

Par Robert Desnos

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libéré du joug de l’Allemagne nazie.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Votre commentaire est la bougie qui éclaire notre obscurité poétique. Illuminez-nous.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Les derniers sacrements

En vue soudain