Dialogue

Non pas moi,
Mais les poètes cubains pourraient te bien chanter

O charmante

Concha,
Toi mon rameau de /leurs et ma

Vega

Beal!

Puissé-je te regarder longuement comme on regarde les flammes,
Comme, au cceur de l’hiver, on regarde le jeu :

J’aime à baiser une femme de flammes,
Je veux baiser une femme de feu !
Que je vous porte donc dans mes deux mains, mains brunes;
Que je sois donc ébloui par vous, grands yeux;
Que je sente ton parfum dans l’ombre, rose dorée des .Indes;
Que je te contemple dans la rue ou au théâtre,
Sérieuse, belle et haute, et souriante.
Grande jeune femme impressionnante ; — chiquilla!
Ma femme devant

Dieu! ma bourgeoise ! ma squaivl
Mon noir petit souillon! mon bel oiseau des lies!
Avec mon tomahawk et ma hache de guerre,
Mon quipocamayo et ma coricoya.
Ne suis-je pas le chef indien que lu désirais,
Le maître et l’époux qu’il te fallait, princesse indienne?
Etends-loi, ma beauté, sur cette peau d’ours blanc,
Kl laisse ma main toucher ton visage dans l’ombre;
Tu es plus belle que la

Perricholi, si célèbre,
Et je suis plus généreux que tous les

Vice-Rois ;
Voici des diamants et des perles, —
Mon amour, que voulez-vous encore de moi?
Sa dame

D’autres diamants et d’autres perles.
Un miroir
Vieille

Lola, tu me disais : «

Milordito,
Si j’étais aussi riche que vous serez un jour
Quand votre cher papa aura disparu,
Je passerais tout mon temps à me regarder dans la glace. »
Et je riais, ne comprenant pas bien.
Parlais-tu sérieusement ou le moquais-tu?
Eh bien ! j’ai trouvé ce miroir et m’y regarde
Tous les jours, du matin au soir, sais-tu,

Maïa !
Ce miroir (assez grand pour moi) c’est le

Monde.
(Comme j’ai été content, le jour où j’ai trouvé
Ce mot.

Il me paraissait neuf et bien pensé;
Aujourd’hui je le transcris sans enthousiasme.)
O

Société des

Hommes!

Je m’habitue à ton amertume;
J’y trouve même une douceur inattendue.
«

Monsieur

Moynat m’a dit en songe
Comme c’est bien cela, ô

Solidarité,
Et qu’il est agréable au fond,

Société,
De se faire le complice conscient de tes crimes.

Valery Larbaud

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Valery Larbaud Apprenti Poète

Par Valery Larbaud

Valery Larbaud est un écrivain français, poète, romancier, essayiste et traducteur, né le 29 août 1881 à Vichy, ville où il est mort le 2 février 1957. Il a écrit également sous les pseudonymes : A.-O. Barnabooth, L. Hagiosy, X. M. Tourmier de Zamble.

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