Empreinte

Choun, Empereur, donnant investiture aux cinq classes de princes, leur confiait des tablettes de jade,
De contours stricts et d’ornements divers : deux colonnes, — un homme au corps droit, — un homme courbé, — des épis, — des joncs.
Mais il en gardait les empreintes. Parfois juxtaposant l’une à l’autre et pressant de sa main, il vérifiait l’authentique investiture.
o
Celui que j’ai fait Noble de mon amitié, Prince du sang de mon cœur fraternel et Censeur à mon secret empire,
Celui-là, n’a-t-il pas reçu le jade : — deux hommes penchés — pour emblème ? Il revient. J’ai gardé l’empreinte. Affrontons la double fidélité.
o
Hélas ! oh hélas ! Les contours ne s’enferment plus ; les coins se heurtent et les creux tintent le vide : est-ce là le dépositaire choisi ? A-t-il perdu la forme de mon âme ?
Plutôt, est-ce mon âme dont la forme a gauchi ?

Voter pour ce poème!

Victor Segalen Apprenti Poète

Par Victor Segalen

Né à Brest en 1878, médecin de marine, archéologue, critique d'art, Victor Segalen est avant tout poète. Pour lui, vivre, voyager et écrire ne font qu'un. Sa vie est marquée par le mystère : écrivain du secret, il en protège l'intimité et meurt à quarante et un ans dans la forêt du Huelgoat, d'une mort aussi insolite que son oeuvre.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Votre commentaire est une perle dans notre océan de vers. Plongez avec élégance.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Sur les Routes de Fer et de Lumière

Paysage