Miroirs

Ts’ai-yu se mire dans l’argent poli afin d’ajuster ses bandeaux noirs et les perles sur ses bandeaux.
Ou si le rouge est trop pâle aux yeux, ou l’huile blanche trop luisante aux joues, le miroir, avec un sourire, l’avertit.
Le Conseiller s’admire dans l’histoire, vase lucide où tout vient s’éclairer : marches des armées, paroles des Sages, troubles des constellations.
Le reflet qu’il en reçoit ordonne sa conduite.
o
Je n’ai point de bandeaux ni perles, et pas d’exploits à accomplir. Pour régler ma vie singulière, je me contemple seul en mon ami quotidien.
Son visage, — mieux qu’argent ou récits antiques, — m’apprend ma vertu d’aujourd’hui.

Voter pour ce poème!

Victor Segalen Apprenti Poète

Par Victor Segalen

Né à Brest en 1878, médecin de marine, archéologue, critique d'art, Victor Segalen est avant tout poète. Pour lui, vivre, voyager et écrire ne font qu'un. Sa vie est marquée par le mystère : écrivain du secret, il en protège l'intimité et meurt à quarante et un ans dans la forêt du Huelgoat, d'une mort aussi insolite que son oeuvre.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

La poésie est le miroir de l'âme. Reflétez la vôtre dans nos commentaires, à la manière de Baudelaire.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

La Vie des Morts – La Nature – 02 – Les arbres

Seigneur vocabulaire