dans

Traces autour de la source

Ma mère, tu le sais,

je suis toujours la grenouille de sang entre tes cuisses,

je pends encore dans le labyrinthe de l’air,

je reviens vers tes mains d’heures innombrables,

sur ton ventre tambouriné.

Je fus le dessein, le sans-corps, l’éponge solaire,

puis la tête hantée par le lait sans savoir.

Ma mère, l’Arche aux doigts durs convoqua le chevreuil.

Tu le sais, c’était hier.

Qu’es-tu devenue après tant de guet, de souffrances ?

Ton cœur m’a lancé dans l’espace,

ta peau arquée contre le filigrane en feu.

Tu m’as donné des yeux, des jambes,

un prénom, des entrailles et un sexe,

le droit de rêver aussi, mouillé des turbulences

du terre-plein de ton ventre – ô laine lyrique,

ma peau chaude.

Ma mère, depuis lors, tu planes au-dessus des saisons.

Sans doute ai-je quitté le seul lieu sûr, fracassant l’origine,

mais, serré comme piaf dans la lumière,

regarde :

sans cesse, je tombe sur le ciel.

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