Marine

Sous les molles pâleurs qui voilaient en silence
La falaise, la mer et le sable, dans l’anse
Les embarcations se réveillaient déjà.
Du gouffre oriental le soleil émergea
Et couvrit l’Océan d’une nappe embrasée.
La dune au loin sourit, ondoyante et rosée.
On voyait des éclairs aux vitres des maisons.
Au sommet des coteaux les jeunes frondaisons
Commençaient à verdir dans la clarté première.
Et le ciel aspirait largement la lumière.
Il se fit dans l’espace une vague rumeur
Où le travail humain vint jeter sa clameur.
Les femmes en sabots descendent du village,
Les pêcheurs font sécher leurs filets sur la plage,
Et le soleil allume, au dos des mariniers,
Les spasmes des poissons dans l’osier des paniers.
Dans un creux de falaise où voltige l’étoupe,
Un vieil homme calfate, en chantant, sa chaloupe,
Tandis que tout en haut, parmi les chardons blancs,
Cheminent deux douaniers, au pas, graves et lents.
Dans un bateau pêcheur dont la voile latine.
Blanc triangle, reluit à travers la bruine,
Un vieux marin, debout sur le gaillard d’avant,
Tendant le bras au large, interroge le vent.

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Anatole France Apprenti Poète

Par Anatole France

Anatole France, pour l'état civil François Anatole Thibault, né le 16 avril 1844 à Paris, et mort le 12 octobre 1924 à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire), est un écrivain français, considéré comme l’un des plus grands de l'époque de la Troisième République, dont il a également été un des plus importants critiques littéraires.

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Le retour

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