Quant vint a la prochaine feste

Quant vint a la prochaine feste
Qu’Amours tenoit son parlement,
Je lui presentay ma requeste
Laquelle leut tresdoulcement,
Et puis me dist : « Je suy dolent (1)
Du mal qui vous est avenu,
Mais il n’a nul recouvrement,
Quant la mort a son cop féru (2).

Eslongnez hors de vostre teste
Vostre douloreux pensement !
Moustrez vous homme, non pas beste !
Faittes que, sans empeschement,
Ait en vous le gouvernement
Raison qui souvent a pourveu
En maint meschief (3) tressagement,
Quant la mort a son cop féru.

Reprenez nouvelle conqueste !
Je vous aideray tellement
Que vous trouverés Dame preste
De vous amer tresloyaument,
Qui de biens aura largement.
D’elle serez amy tenu :
Je n’y voy autre amendement,
Quant la mort a son cop féru. »

1. Dolent : Triste.
2. Féru : A frappé son coup.
3. Meschief : Malheur.

Voter pour ce poème!

Charles d'Orléans Apprenti Poète

Par Charles d'Orléans

Charles Iᵉʳ d'Orléans, né à Paris le 24 novembre 1394 et mort à Amboise le 5 janvier 1465, duc d'Orléans et de Valois, est un prince connu surtout pour ses œuvres poétiques écrites lors de sa longue captivité anglaise.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

La poésie, c'est l'art de l'âme. Venez, comme Guillaume Apollinaire, exprimer la vôtre en commentant.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Tout s’en allait…

Le bord de l’eau