Dans le Verger…

Dans le Verger où sont les arbres de lumière,

La pulpe des fruits lourds pleure ses larmes d’or,

Et l’immense Bagdad s’alanguit et s’endort

Sous le ciel étouffant qui bleuit la rivière.
Il est deux heures. Les palais silencieux

Ont des repas au fond des grandes salles froides

Et Sindbad le marin, sous les tentures roides,

Passe l’alcarazas d’un air sentencieux.
Mangeant l’agneau rôti, puis les pâtes d’amandes,

Tous laissent fuir la vie en écoutant pleuvoir

Les seaux d’eau qu’au seuil blanc jette un esclave noir.

Les passants curieux lui posent des demandes.
C’est Sindbad le marin qui donne un grand repas !

C’est Sindbad, l’avisé marin dont l’opulence

Est renommée et que l’on écoute en silence.

Sa galère était belle et s’en allait là-bas !
Il sent bon, le camphre et les rares aômes.

Sa tête est parfumée et son nez aquilin

Tombe railleusement sur sa barbe de lin :

Il a la connaissance et le savoir des hommes.
Il parle, et le soleil oblique sur Bagdad

Jette une braise immense où s’endorment les palmes,

Et les convives, tous judicieux et calmes,

Écoutent gravement ce que leur dit Sindbad.

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