somme des hommes

Somme des hommes,

ils se prennent au sérieux comme ils prennent le métro,
s’entassant toutes les heures au bord du même drame,
survivants trépidant à bord des mêmes rames,
juste un peu somnolant, ils sont confiants, mais trop !

Les stations ont des noms rappelant leurs histoires,
des batailles victorieuses dans des guerres oubliées,
des lieux du vieux Paris, en scène le sablier
égraine des décors, leurs pas sur les trottoirs,

la ville les rassemble surtout par le commerce
ces réseaux où chacun essaie de se placer
les sursauts de conscience sont toujours remplacés
par une appartenance, tenace qui les berce,

ils croient tous consommer, mais le monde les consomme
chronophage les digère dans leur technopathie*,
si parfois ils s’éveillent avec une empathie,
se rendorment aussitôt, tel est le sort des hommes…

 

* technopathie, nom générique donné à toutes les maladies professionnelles.

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