La fille blonde

Au temps des senteurs
Et de l’alouette,
Fille joliette,
Aux vives couleurs,
En fraîche toilette,
Qui t’en vas seulette,
Narguant les railleurs,
Un matin de fête,
A travers l’herbette,
Faire ta cueillette
D’amour et de fleurs ; —
Blonde bachelette
Aux traits séducteurs,
Aux regards quêteurs,
Et pourtant discrète, —
Jeune oiseau rieur,
Hardi par candeur,
Qui cache sa peur
Sous un front moqueur,
Naïve coquette,
Avec l’air vainqueur,
Pauvre enfant simplette,
Veille sur ton cœur.
Gare à la défaite !
Gare à la conquête !
Loin est le bonheur,
Ô ma pâquerette,
Près est le malheur.
— En ta maisonnette
Reviens vers tes sœurs,
Reviens-y seulette,
Et crois-nous, fillette,
Gaîté d’amourette
Finit par des pleurs.
Crainte des douleurs,
Jeune bergerette,
Au temps des senteurs
Et de l’alouette,
Ris de la fleurette,
Ne souris qu’aux fleurs.

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