Naissance du sourire

Au tréfonds du sommeil sans rêve il n’y a rien que Ce qui Est Avant que rien ne soit encore après que tout a cessé d’être Pendant le temps que chaque chose surgit se dore puis s’éteint Tous ces temps s’interpénétrant pour ne former qu’un même souffle Lequel à peine émis par soi expire en soi tout aussitôt Expire en soi ou se suspend jusqu’à ce que sa vide essence A force de se concentrer ne souffre plus d’être en néant Et qu’elle-même s’aspirant jusqu’aux extrêmes des espaces Y dilate des univers contenus tous en chacun d’eux

Rien n’Est que ce Commencement avant que d’être il ne commence Avant le souffle qui sitôt qu’il s’expire devient duel Avant que l’Un en s’inspirant ne s’envoûte de sa Présence Rien n’Est sinon l’état sans nom de ce Présent tout virtuel Mais que le Soi même si peu (tout juste avant pourrait-il croire Qu’il ne respire et cependant déjà l’haleine l’a rempli)

Sente il ne sait quel pli futur ni vent ni eau ni rais d’aurore Ni en surface ni du fond qui ne bouge et pourtant frémit Inexistant omniprésent par l’immuable consenti

Sente perçoive guette appelle en un désir de Soi tout autre Ombre ou caresse ou voile d’air ou de tout près mains modelant Distance nulle exquisément entre une peau presque impalpable Et un toucher presque indistinct du velouté qui naît de lui Paumes pommettes se cherchant peuplant de points la nuit tactile Où se contemple du dedans en tout aveugle ubiquité

Ourlé de doigts avec lenteur qui dessinent ses commissures Et faussement dormeur s’entrouvre à son ultime effacement Le sourire du Créateur séduit d’être sa créature

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