Éther

Sonnet.

Quand on est sur la terre étendu sans bouger,
Le ciel paraît plus haut, sa splendeur plus sereine ;
On aime à voir, au gré d’une insensible haleine,
Dans l’air sublime fuir un nuage léger ;

Il est tout ce qu’on veut : la neige d’un verger,
Un archange qui plane, une écharpe qui traîne,
Ou le lait bouillonnant d’une coupe trop pleine ;
On le voit différent sans l’avoir vu changer.

Puis un vague lambeau lentement s’en détache,
S’efface, puis un autre, et l’azur luit sans tache,
Plus vif, comme l’acier qu’un souffle avait terni.

Tel change incessamment mon être avec mon âge ;
Je ne suis qu’un soupir animant un nuage,
Et je vais disparaître, épars dans l’infini.

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René-François Sully Prudhomme Apprenti Poète

Par René-François Sully Prudhomme

René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, né à Paris le 16 mars 1839 et mort à Châtenay-Malabry le 6 septembre 1907, est un poète français, premier lauréat du prix Nobel de littérature en 1901.

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Ô coeur léger, ô courage mal seur

Silence