La Vie des Morts – La Nature – 04 – Les sources

Errant sous le dôme emperlé

Des verdures ensommeillées ;

Parfois, au sortir des feuillées,

L’œil clair des sources m’a troublé.
— L’eau regarde : — et l’aurore éveille,

Dans ce regard lent et discret,

Comme l’étonnement secret

D’un jeune esprit qui s’émerveille.
Comme en un rêve de candeur,

L’eau regarde, et l’étrange flamme

Des choses qui viennent d’une âme

Illumine sa profondeur.
L’œil des sources est plein de larmes

Et plein de reproches perdus,

Et des remords inattendus

S’y reflètent comme des armes
Le long d’un bouclier d’argent :

— La Vie est là qui, solennelle,

Attend et darde sa prunelle

Fixe sur le monde changeant !
— La Vie aux éléments rendue

Par les héritiers du limon,

Foule sans yeux, foule sans nom,

Sous l’éternité descendue.

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments