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Corps à crédits

Corps trop gras que la misère empâte de calories bon marché.

Corps trop gros que la mode cisaille pour mieux les émincer.

Corps trop lourds que la fatigue exploite jusqu’à les coucher.

Corps de rêves étouffés sous les laques à bronzer.

 

Dans les déchetteries quelques organes traînent.

Fallait bien les changer.

Bouts de peau vieillis sacrifiés sur l’hôtel du paraître.

 

Plus rien ne m’appartient.

Mon nez remodelé  est au Crédit Mutuel,

Mes seins siliconés à la Société Générale,

Mon ventre liposucé au Crédit Agricole.

Mes bajoues effacées à la Lyonnaise de Banque.

Et mes rides gommées au Crédit Foncier.

 

Je suis surendetté.

La Banque de France me nourrit de fayots

Et fait quelques profits du méthane de mes pets.

 

Désormais, pour être dans le coup,

Je me consomme moi-même.

Je me ronge les doigts,

Je me rumine l’estomac.

Si j’arrêtais notre PIB serait en danger.

Sûr je vais en mourir mais ce n’est pas grave.

J’ai un contrat obsèques.

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