La Cure

Clochers silencieux montrant du doigt le ciel !

Théophile Gautier.

C’est un vieux cimetière étroit, pauvre, rustique,

Où d’humbles croix de bois, lugubre floraison,

Se détachent en noir sur le vert du gazon.

Puis une église avec un auvent pour portique,

Dont le petit clocher montrant le ciel du doigt,

Par un mouvement doux s’accoude sur le toit.
Adossée à l’église & plus modeste encore

La cure : une fenêtre avec un rideau blanc,

Un pot de basilic, un volet chancelant,

Au devant un jardin qu’un seul rosier décore

Et que ferme une claie, aux vieux ais vermoulus

Qui depuis bien longtemps ne se rejoignent plus.
Le tout calme, discret, charmant, mélancolique ;

Quelques saules pleureurs, un ou deux peupliers

Et comme fond, là-bas, de gros & grands noyers.

Pas une âme d’ailleurs sur le sentier oblique,

Qui fuit le long du mur & des buissons chétifs :

Seule, la rêverie y marche à pas furtifs.

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Louisa Siefert Apprenti Poète

Par Louisa Siefert

Louisa Siefert, née à Lyon le 1er avril 1845 et morte à Pau le 21 octobre 1877, est une poétesse française.
Louisa Siefert (1845 - 1877) était une poétesse française qui a laissé une poésie empreinte de douleur mais soutenue d’un vif spiritualisme protestant. Son premier recueil de poèmes, Rayons perdus, paru en 1868, connaît un grand succès. En 1870, Rimbaud s'en procure la quatrième édition et en parle ainsi dans une lettre à Georges Izambard : « J'ai là une pièce très émue et fort belle, Marguerite […]. C'est aussi beau que les plaintes d'Antigone dans Sophocle.»

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