Épître

Si Dieu m’a Christ pour chef donné,
Fautil que je serve autre maître ?
S’il m’a le pain vif ordonné,
Fautil du pain de mort repaître ?
S’il me veut sauver par sa dextre,
Fautil en mon bras me fier ?
S’il est mon salut et mon être,
Point n’en faut d’autre édifier.
S’il est mon seul et sûr espoir,
Fautil avoir autre espérance ?
S’il est ma force et mon pouvoir
Fautil prendre ailleurs assurance ?
Et s’il est ma persévérance,
Fautil louer ma fermeté ?
Et pour une belle apparence,
Fautil laisser la sûreté ?
Si ma vie est en JésusChrist,
Fautil la croire en cette cendre ?
S’il m’a donné son saint écrit,
Fautil autre doctrine prendre ?
Si tel maître me daigne apprendre,
Fautil à autre école aller ?
S’il me fait son vouloir entendre,
Fautil par crainte le celer ?
Si Dieu me nomme son enfant,
Fautil craindre à l’appeler père ?
Si le monde le me défend,
Fautil qu’à son mal j’obtempère
Si son esprit en moi opère,
Fautil mon courage estimer ?
Non, mais Dieu, qui partout impère*,
Faut en tout voir, craindre et aimer.

(*) règne

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