Sardanapale dromadaire et algies

Bosse au sommet un dromadaire,
Roux et fort, aux vents chauds blatère,
Porteur jusqu’au bout de la Terre,
Abnégation que rien n’altère.

Allant où jamais il ne flotte,
Sans bâton requis ni carotte,
Sur la piste fringant il trotte,
Puis soudain se soulage et crotte.

Une bouse phénoménale,
Atypique, presqu’infernale,
Sauf, qui sait, pour Sardanapale,
Roi dont la fin fut peu banale.

L’Assyrien savait lire écrire,
Par ailleurs, réputé le pire
Licencieux qu’on ait pu décrire ;
Ses amours pourtant il fit frire.

Oui, ses chevaux, sa favorite,
Et lui de même, curieux rite,
Lui qui avait soumis le Scythe,
L’Elam, et bien sûr le Hittite.

Mais, revenons à notre histoire,
Sous le soleil couchant que moire
L’arrangement de la mémoire,
Un bédouin transporte un grimoire.

L’homme doit remettre en offrande
Ce manuscrit de Samarcande
A tel puissant cheikh qui commande
Une grande artère marchande.

Érudit féru de magie,
Il se plaint d’une névralgie
Mais aussi d’une lombalgie,
Sournoise invalidante algie.

Dans le vieux livre le remède
Jadis concocté par un Mède
Lui procurera l’unique aide
Pour empêcher que son cœur cède.

Il n’entend pas que lui arrive
De trop tôt toucher l’autre rive,
Même si là coule l’eau vive
Que le désert sans cesse esquive.

Par les dunes de sable beige,
Les pistes qu’épargne la neige,
Les caravanes en cortège,
Des ors de l’Orient font le siège.

Ainsi vont les quêtes du monde,
Chacune est comme un ballon-sonde
Pistant seconde après seconde,
Une seconde plus féconde.

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