Oser et L’Espoir

Lorsque le pélican
Les murs de la maison se ressemblent
Une voix enfantine répond
Oui comme un grain de blé et les bottes de sept
lieues

Sur l’un des murs il y a les portraits de famille

Un singe à l’infini
Sur l’autre il y a la porte ce tableau changeant

Où je pénètre moi

La première
Puis on devise sous la lampe
D’un mal étrange
Qui fait les fous et les génies
L’enfant a des lumières
Des poudres mystérieuses qu’elle rapporte de loin
Et que l’on goûte les yeux fermés
Pauvre petit ange disait la mère
De ce ton des mères moins belles que leur fille

Et jalouses
Violette rêvait de bains de lait

De belles robes de pain frais

De belles robes de sang pur

Un jour il n’y aura plus de pères

Dans les jardins de la jeunesse

Il y aura des inconnus

Tous les inconnus
Les hommes pour lesquels on est toujours toute neuve

Et la première
Les hommes pour lesquels on échappe à soi-même
Les hommes pour lesquels on n’est la fille de personne
Violette a rêvé de défaire

A défait
L’affreux nœud de serpents des liens du sang.

Paul Eluard
Espoir

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