Naissance de la mère

Qu’est le Dedans? Un écho noir de l’œil serti dans l’ombilic Œil indistinct de l’étendue dont ciel et mer sont les paupières Son regard tient en un seul point mais l’ombilic le centre absent Est innombrable en chaque grain de ce cendreux semis d’étoiles Où l’univers tombe en poussière et se refait à tout instant La peau du Vide s’y devine à sa rosée de voies lactées Rendant ses pores si brillants qu’ils sont autant d’éons du temps Le Vide aveugle et l’œil voyant luisent ainsi qu’une seule huile Sur la pensée du Soi latent qui n’est enceinte que du Vent

Qui n’est enceinte que du Soi se concevant une matrice Vierge d’aucun rayon de nuit en sa ténèbre sans sommeil Un ventre plus que n’est le Soi contemplatif à la courbure D’où vole ras si loin déjà leur tangente vers l’infini Pour l’Immuable s’effleurant quelle caresse plus intime Que de frôler à peine un point où il s’annule immensément Germant de Soi dans l’instant même au plus extrême êloignement Tel en ce point le Ventre sent son Néant d’être se distendre Pour y greffer le feu fœtal cousu dans son chorion de vent

Alors le Soi devient sa Mère et Se consent une substance C’est la Beauté aux larges flancs dont la ceinture est l’océan Cette montagne et son glacier chape rigide d’officiant Une cascade sans un pli l’œil du torrent entre les pierres Et sur la joue blonde des blés le passage d’une fumée Cela prend forme en se rêvant de femme pleine dont le dôme

Serait l’espace et les deux seins les îles bleues de l’horizon

Mais le dos à jamais au nord est la faille dès l’origine

Où bâille l’antre dont la faim creuse et nourrit de Soi le Soi

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