Aux conscrits

Sonnet.

Tant que vous marcherez sous le soleil des plaines,
Par les mauvais chemins poussant les lourds canons,
Ô frères, dont les rois ne savent pas les noms,
Et qui ne savez rien de leurs subtiles haines ;

Tant qu’au hasard frappés par les armes lointaines
Ou parmi la mêlée aveugle et sans pardons,
Vous mourrez dans l’horreur de tous les abandons,
Altérés et rêvant aux natales fontaines ;

Nous lutterons aussi, nous qui sommes restés ;
Nous n’achèterons plus de lâches voluptés,
Ô fils des paysans vainement économes !

Mais nous travaillerons, tourmentés du remords
D’avoir payé le sang des autres jeunes hommes,
Et peut-être aurons-nous nos blessés et nos morts.

Voter pour ce poème!

René-François Sully Prudhomme Apprenti Poète

Par René-François Sully Prudhomme

René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, né à Paris le 16 mars 1839 et mort à Châtenay-Malabry le 6 septembre 1907, est un poète français, premier lauréat du prix Nobel de littérature en 1901.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Dans le monde de la poésie, chaque mot compte. Votre voix a sa place ici.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Ô coeur léger, ô courage mal seur

Silence