Ô mal non mal qui doucement m’oppresses !

Ô mal non mal qui doucement m’oppresses !
Crainte asseuree, ô joyeuse douleur !
Rians souspirs, vermeillette paleur !
Coeur abatu, sans aucunes destresses !

Affections qui estes les maistresses,
Et qui servez à mon esprit vainqueur !
Raison rangee, ô bienheureux malheur
Qui m’abatant tout soudain me redresses !

Ô morte vie ! ô tresvivante mort,
Qui maintenant au craintdesiré port,
Ma vie en mort, ma mort en vie eschanges !

Pren, laissemoy, revien plus me tirer,
De ce combat, qui me fait souspirer,
Tant que je soy fait compagnon des Anges.

Suite des Imitations chrestiennes

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments