Les tombeaux d’une famille

Tous en beauté croissaient ensemble,
Sous le toit qui leur était cher ;
Cherchez quel tombeau les rassemble !
Les monts, les fleuves et la mer !

Au soir, la même et tendre mère
Suivait sous l’ombre de leurs cils
De leurs rêves l’ombre éphémère !
Hélas ! les rêveurs où sont-ils ?

Sous quelque cèdre solitaire,
Au bord de quelque noir torrent,
L’un d’eux est couché sur la terre
Que foule l’Indien errant.

L’autre dort aux belles campagnes
Où s’unit la vigne au laurier ;
Le sol belliqueux des Espagnes
Est rouge de son sang guerrier.

La mer, la mer bleue et plaintive,
Garde le plus aimé de tous,
Et, comme la perle captive,
Le cache dans son sein jaloux !

La dernière, hélas ! si jolie,
Clôt sous le myrte un œil lassé,
Et parmi les fleurs d’Italie,
Fleur elle-même, elle a passé.

Longtemps sous l’ombre hospitalière
Des mêmes arbres paternels,
Ils mêlaient la même prière
Autour des genoux maternels :

Tout entier du toit solitaire
Le groupe joyeux s’exila !
Oh ! malheur d’aimer sur la terre,
S’il n’était plus rien au-delà !

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