La ville est morte, morte, irréparablement

La ville est morte, morte, irréparablement !
D’une lente anémie et d’un secret tourment,
Est morte jour à jour de l’ennui d’être seule…
Petite ville éteinte et de l’autre temps qui

Conserve on ne sait quoi de vierge et d’alangui
Et semble encor dormir tandis qu’on l’enlinceule ;
Car voici qu’à présent, pour embaumer sa mort,
Les canaux, pareils à des étoffes tramées

Dont les points d’or du gaz ont faufilé le bord,
Et le frêle tissu des flottantes fumées
S’enroulent en formant des bandelettes d’eau

Et de brouillard, autour de la pâle endormie
Tel le cadavre emmaillotté d’une momie
Et la lune à son front ajoute un clair bandeau !

Le règne du silence

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments