Mon jardin que j’aimais

Je suis partie sans peine et sans mélancolie,
J’allais vite oublier… du moins je l’espérais,
Mais le regret surgit qui déchire ma vie.
-Je pense encore à toi, mon jardin que j’aimais.

Le pré se couvre-t-il de verdure nouvelle ?
Et l’air embaume-t-il du parfum des lilas ?
L’azur se remplit-il du vol des hirondelles ?
Le matin est-il doux ? Je ne le saurai pas.

Car malgré cette envie remuant mes entrailles,
Je ne reviendrai plus. J’ai peur, tellement peur,
Au lieu des jolies fleurs, de trouver des broussailles,
Au lieu de la rosée, des larmes ou des pleurs,

Au lieu des chants d’oiseaux, un funeste silence,
Au lieu du beau printemps, une morte saison,
Au lieu de flâneries, une cruelle errance,
Au lieu de souvenirs, un rêve à l’abandon.

Isabelle Callis-Sabot

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