À madame Olympe

(Madame Olympe n’aimait que les hommes sans barbe.)

Dieu ne plaise, Olympe, que je grimpe
Dessus ton corps comme un audacieux !
Ne fut-ce pas dessus le mont Olympe
Que les Titans firent la guerre aux Dieux ?

J’aime bien mieux une raz campagne
Qu’ambitieux prendre l’essor si haut.
Puis, sais-tu pas que tu fus la montagne
Où ton Ægiste a vu son échafaud ?

Ton teint, flétri de couleur de rhubarbe,
Fuit les baisers de ces hommes barbus ;
Mais, à propos, mon cul n’a point de barbe :
Sois sa Daphné, il sera ton Phébus.

Ce damoiseau qui fit pour ton mérite
Par un bourreau échancrer son collet
T’a bien montré que rarement habite
De la sagesse avec du poil follet.

Ne lit-on pas que Cyprine la douce
N’engendra rien de son fluet Adon ?
Trop bien de Mars la robuste secousse
Mère la fit du gentil Cupidon.

Mars est barbu, mais sur la rouge trogne
Du dieu Bachus ne croît point de cheveux :
Aimes-tu mieux un visage d’ivrogne
Qu’un mâle front d’un guerrier généreux ?

Voter pour ce poème!

André Velter Apprenti Poète

Par Jean Auvray

Jean Auvray, né vers 1580, probablement en Normandie et mort avant 1624, est un poète satirique français. Jean Auvray a été chirurgien à Rouen, et ne saurait être confondu avec son homonyme dramaturge contemporain, avocat à Paris.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Les poètes sculptent la réalité avec des mots. Devenez un sculpteur, tel un Rodin du commentaire.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Alix prisonnière

À Margot